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volets

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Open the window
Festival Oohlal’art, installation sur une ruine du village
Mirmande (26)
2015

L’ajout de volets colorés sur les ouvertures existantes ou murées de la ruine crée un décalage visuel qui interroge. Cette ruine est-elle en cours de reconstruction ? Pourquoi initier une telle reconstruction par une étape qui pourrait sembler facultative au regard de l’état de dégradation du bâtiment ?

Le symbole des volets ouverts est ici utilisé comme une métonymie. Il agit comme une évocation de la vie passée entre ces murs, une trace des anciens habitants, ou encore une projection vers ceux qui pourraient l’habiter à nouveau dans le futur.

L’installation inscrit ainsi le lieu dans une temporalité multiple : elle renvoie au passé, crée une image forte dans le présent du festival, et ouvre des possibles quant à l’avenir de ce site. La ruine, laissée à l’état brut, semble en effet vidée des questions liées à l’habiter ; ses murs décadents paraissent retourner lentement à la terre, s’effondrant doucement. L’intervention artistique vient alors réintroduire la question de l’habitant et de l’habiter au cœur du lieu.

Cette proposition prend le contrepied des nombreux bâtiments aux volets fermés que l’on croise dans les villages, et qui posent, en creux, la question du mode d’occupation du territoire : qui habite ici ? Combien de personnes ? Pour combien de temps ? Qui habitait là autrefois ?

Les volets clos et les fenêtres murées instaurent une limite infranchissable entre l’espace intime et l’espace public. Open the Window, à l’inverse, laisse passer le regard. L’œuvre invite à redécouvrir un lieu dont les frontières vacillent, où intérieur et extérieur se mêlent, s’inversent et se réinventent.